La Paz – Cusco

•14 février 2011 • Laisser un commentaire

le 20 décembre 2009,

Tout les bus qui font le trajet entre La Paz et Cusco ont quasiment les mêmes horaires, départ le matin de La Paz pour arriver dans la soirée à Cusco. Horaires totalement contradictoires avec mon manuel de sécurité (non rédigé mais pensé par moi-même!). Je n’ai pas encore le pouvoir de modifier les horaires de bus alors je vais devoir trouver un moyen pour ne pas trop enfreindre mes règles. Une seule solution, réserver un hôtel depuis La Paz et demander à ce qu’on vienne me chercher à la gare routière.

Me voilà donc le 20 au matin, assise au premier rang du bus, avec un hôtel réservé pour le soir.

On pourrait résumer le trajet ainsi: la superbe vue; le voisin allemand; l’attente à la douane; la gymnastique espagnol français pour lui, espagnol allemand pour moi; le micro-repas servi à 15h; l’orage magnifique; la pluie; le retard; la semi appréhension; le français qui a la même polaire décathlon que moi sauf que lui il fait bien 1m90 et 90kg; le soulagement.

Le bus est arrivé avec 1h30 de retard, mais on m’attendait toujours pour me conduire à l’hôtel. Un accueil chaleureux et familial, un lieu calme et propice au repos, qu’est ce que je suis heureuse dans ma petite chambre froide et humide!

Amoureuse de La Paz

•14 février 2011 • Laisser un commentaire

le 19 décembre 2009,

La Paz est le Varanasi de Bolivie. Certains aiment, d’autres détestent. J’ai entendu plusieurs fois ces deux avis-là, alors pour moi c’était un peu le suspens. Mais comme Varanasi m’a envoûtée, La Paz m’a captivée. J’aime cette ville. Aujourd’hui, j’en profite pleinement avant de la quitter. J’en capture un peu pour moi, égoïstement. Pas de photo mais de nombreux pas.

Mal aux jambes

•14 février 2011 • Laisser un commentaire

le 18 décembre 2009,

Le 18 décembre 2009, c’était il y a plus d’un an, alors forcément, je ne me rappelle pas des moindres détails. Quoique, en y réfléchissant, le déroulement de la journée me revient peu à peu. Ce qui est encore très clair dans ma tête c’est que j’ai mal aux jambes et que La Paz est loin d’être une ville plate… La moindre promenade est difficile alors je ralentis.

Mon agenda 2009 indique “Zona Sur” et “Musée de la coca” à la date du 18 décembre.

“Zona Sur” c’est le quartier chic de La Paz, j’y suis allée en quête d’une grande robe de soirée. Officiellement, je rentre toujours mi-juillet. Officiellement. Officieusement et non pas secrètement, je rentrerai plus tôt. Février, plutôt une semaine avant le gala de l’INSA qu’une semaine après. Voyager c’est bien, les amis c’est mieux. Je ne vais pas non plus passer les jours qui me restent à chercher frénétiquement une robe de soirée, je ne serai pas du tout traumatisée de prendre une robe de ma garde robe, mais c’est surement la seule occasion que j’aurais de mettre une grande robe, alors si j’en trouve une, je craque!

Après le shopping, activité hautement plus réfléchie, le musée de la coca ou comment satisfaire ma curiosité scientifique biologique. Je ne vais pas reprendre la visite ici, je rédigerai un article sur la coca. En attendant le site du musée en anglais: http://www.cocamuseum.com

Ici c’est le voyage

•29 novembre 2010 • Laisser un commentaire

Comme je cours toujours et que je vais encore courir les mois (années?) à venir; comme j’aime partager la magie de la Vie; comme j’ai choisi de rester une non-professionnelle de l’écriture:

http://kurikurirunrun.wordpress.com/

pour la suite de mes aventures à pieds!

Si c’est plus dur, c’est plus drôle

•2 novembre 2010 • Laisser un commentaire

Retour en Bolivie

Le 17 décembre 2009

Ca y est, c’est le grand jour, à moi les 5400 mètres d’altitude, ou pas, on verra.

Je suis bien évidemment prête avant l’heure, j’attends dans le hall de l’hôtel que le guide passe me prendre. Il est ponctuel, impressionnant ! J’entre dans le mini-bus, nous passons chercher un couple d’anglais et un bolivien : ça y est l’équipe est au complet ! Quatre participants, un guide, un chauffeur de bus, direction le point de départ.

Avant la route pause à El Alto. Longue pause… Je trouvais étrange qu’on parte à l’heure, c’est bon je suis rassurée ! Le temps de faire une photo de La Paz, d’attendre, de se demander où est parti le guide, d’attendre encore, de se dire que de toute façon c’est pas très grave on rentrera plus tard, d’attendre et le voilà, il arrive. Nouvelle petite pause achat de bananes et ça y est, enfin nous sommes sur l’Altiplanao, rien devant, rien derrière, rien à droite, rien à gauche : la route, les champs, le plat, les montagnes en fond.

Nous quittons la route pour continuer sur un sentier. Vous le croirez ou pas mais rien ne sert d’avoir un 4×4, le mini bus c’est idéal pour traverser les ruisseaux, monter sur les bas-côtés, rouler dans de la terre-sable.  Arrivés au point de départ tout le monde descend. Le guide nous demande si nous sommes des randonneurs expérimentés, euh, je ne me considère pas comme très expérimentée en randonnée mais bon quand on est sportif ça marche aussi, non? Par contre, j’ai plutôt tendance à faire du sport à 0 mètre d’altitude…  Euh, je crois que je commence un peu à appréhender. Heureusement, le couple d’anglais n’est ni plus pro de la rando ni plus accoutumé à l’altitude que moi.

Consigne de départ : on marche tranquillement, on respire bien et tout le monde arrivera au sommet ! (Bon, ça c’est le guide qui le dit, c’est écrit nulle part).

Je prends la suite du guide, marche au même rythme que lui, respire comme si je courais, tout va bien. La marche en altitude est une belle leçon d’humilité, de respect de soi-même : accélérer ne permet pas d’aller plus vite, au contraire. Un rythme lent mais constant voilà la solution ! Je me sens bien, pas de difficulté et en plus on fait de nombreuses pauses parce que l’anglaise a vraiment le mal d’altitude.

Première étape : le lac. Pause « wouah », pause photos et on repart doucement. L’anglaise va vraiment mal, le guide décide qu’on se sépare en deux groupes jusqu’à l’arrêt pique nique : l’anglaise et le chauffeur de bus à un rythme, l’anglais, le bolivien, le guide et moi à un autre rythme.  Pour moi tout va bien jusqu’à ce passage très pentu et pas très stable. Je dois plus forcer sur mes jambes, je suis obligée d’aller plus vite pour ne pas glisser, j’ai du mal à respirer, mes poumons me brûlent. En arrivant sur le plateau où nous nous arrêtons manger, je ne pense pas aller plus haut, les dernières minutes ont vraiment été désagréables.

L’anglaise et le chauffeur nous rejoignent, nous nous protégeons du vent derrière un rocher. L’air est bien frais (= froid) et sans bouger nous nous refroidissons. La pause fait du bien, mes poumons sont de nouveau à la normale et puis le guide prend les choses en main. Nous reprenons les deux groupes, l’anglaise et le chauffeur auront le temps d’aller jusqu’au col pendant que nous monterons tout en haut. C’est tellement bien dit que je ne proteste pas, je tente, sans me faire avoir, en ralentissant s’il le faut.

La matinée n’était qu’un tout petit échauffement. Cet après-midi, les choses deviennent sérieuses. Au revoir le vrai chemin de terre, bonjour le chemin de gravillons qui glissent sous nos pieds, bonjour les pierres qui obligent à faire de grandes enjambées. C’est dur pour tout le monde (sauf pour le guide, lui court à droite et à gauche) l’oxygène manque, ça se ressent dans les jambes et dans les bras, sensation bien différente de la fatigue sportive : je n’ai pas mal aux muscles mais je me sens toute faible, comme si je n’avais pas dormi depuis plusieurs jours. Le guide nous donne des feuilles de coca à mâcher, au début je refuse, préférant garder ma bouche vide pour pouvoir aspirer le plus d’air possible puis il m’explique comment faire. Et oui c’est technique de mâcher des feuilles de coca en marchant, il faut mettre les feuilles de coca entre ses dents et sa joue et de temps en temps mâcher les feuilles et avaler le suc délivré.

C’est comme ça que nous arrivons tous les quatre au col. Vue magnifique, sur le chemin parcouru, sur les sommets, sur Le sommet, celui en haut duquel on est censé grimper : le pico Austria. A ce moment là, je regarde ce qui nous reste à faire, le chemin bien raide à grimper et je me dis que je veux bien tenter mais que je suis quasiment sûre de ne pas y arriver. Le guide est toujours persuadé que nous arriverons tous en haut, enfin du moins c’est ce qu’il dit. Il sait y faire ce guide, avec ses « on y est presque ».

On y est presque certes mais ce qui n’est pas dit c’est que la fin du trajet n’est qu’un éboulis de pierres. Je fais un pas en avant et mon pied redescend de 50cm si ce n’est pas d’1m. Oui, oui, parfois je recule au lieu d’avancer. Je vois ce sommet, cet objectif. Je m’accroche, à bout de force, tout en me préparant à renoncer. Sauf que je ne suis pas seule et que notre super guide « on y est presque » est particulièrement investi. Il veut autant que moi-même, si ce n’est plus, que j’arrive en haut, alors il me prend le bras et il m’aide. Au début il part trop vite pour moi, j’ai l’impression que mon bras va se détacher de mon corps et lui rester entre les mains… Je lui demande de faire une pause à deux doigts de tomber, du coup il nous concocte une super séquence : quelques pas rapides – courte pause et ainsi de suite. Et ainsi de suite, nous arrivons en haut ! Il me laisse finir seule les derniers mètres de semi-plat et surtout de terre solide pour aller aider les autres. Wouaouh, j’y suis arrivée ! J’ai bien cru y perdre mes jambes et mes bras mais j’y suis arrivée (et je suis bien entière) !

Séquence souvenirs : d’ici nous voyons, le Chili, le Pérou et le Lac Titicaca ! Le temps est idéal, un beau ciel bleu parsemé de nuages. Un peu de repos, des photos, de nous, des montagnes et de ma montre qui indique l’altitude et là grande question… on prend quel chemin pour redescendre ??? Parce plus c’est dur en montée plus j’ai peur en descente… Notre super guide me rassure : oui on prend le même chemin qu’à l’aller mais non il n’y a pas de souci à se faire il m’aidera à descendre.

Contrairement à toutes mes craintes la descente se fait très bien, c’est même plutôt drôle ! Passés les premiers mètres, je descends seule pendant que le guide aide le bolivien. Pour descendre dans des éboulis c’est tout simple, il suffit d’enfoncer un pied et de se laisser glisser. Quand on ne bouge plus, on enfonce l’autre pied et hop là un peu plus en bas. Le temps que nous redescendions l’anglaise et le chauffeur sont arrivés au col et nous rentrons tous ensemble. Nous optons pour le chemin rapide, mais au final je crois bien qu’on a fait un bon détour parce que nous avons mis autant de temps, si ce n’est plus qu’à l’aller. Quelques traversées de rivières, des toutes petites montées qui nous rappellent l’altitude et là au loin : le mini-bus ! Grand soulagement, j’ai froid, j’ai juste envie de m’asseoir au chaud et de regarder le paysage défiler.

Deux ou trois heures plus tard, je suis douchée, sous la couette avec un certain nombre de couches d’habits…

23 octobre 2010 > 23 octobre 2009

•2 novembre 2010 • Laisser un commentaire

Le 23 octobre 2010,

15h45, Simon et moi, au milieu des coureurs, à quelques minutes du départ. On parle, on laisse passer les “vrais”, on attend et on se dit que l’objectif c’est de finir la course mais que quand même si on met moins de 3h on sera fier de nous.

16h00: Départ! Départ tranquille, nous sommes très nombreux (1000), il faut zigzaguer entre les personnes pour se frayer un chemin. Je me sens bien, heureuse, juste envie de tout lâcher, de tout donner, de libérer mes jambes impatientes. Je sais aussi que la course sera longue, qu’il va me falloir monter et que je n’ai strictement aucune idée de la praticabilité des chemins. Il faut commencer la course avec ces deux composantes contradictoires. Nous passons nous aussi sur le pont, je sais que Michel est là mais je ne le cherche pas, je suis ailleurs dans mon monde, dans ma course.

Michel ne nous a pas loupé!

Après le pont, nous sommes un peu plus espacés sur la route qui nous amène à la première montée. Simon est à côté de moi, j’ai envie de lui dire de ne pas m’attendre, qu’il ira surement plus vite que moi, qu’il faut qu’il fasse sa course et qu’on se retrouvera à l’arrivée. Faire un trail à deux ne s’improvise pas. Il faut d’abord savoir courir à deux. Savoir qu’on court à la même vitesse d’ordinaire et être dans le même état de forme le jour J. Sinon le plus rapide est ralenti et le plus lent se force à accélérer pour ne pas ralentir l’autre. Erreur fatale, commencer en sur-régime c’est brûler toute son énergie dès le début. Je le sais, il ne faut suivre personne, juste écouter ses jambes.

Dès la première montée chacun part à son rythme: plus rapide pour Simon, plus lent pour moi. Dès la première montée j’ai mal aux jambes… Mais je sais que je suis un super diesel: le premier kilomètre de plat n’a pas été suffisant pour que mes jambes se réveillent. C’est pas grave, cette montée est idéale pour mettre la machine en route. Je sais qu’elle n’est pas très longue et qu’après il y aura du plat pour un peu récupérer et être fin prête pour la grande montée. Alors j’ai mal mais j’avance. En marchant vite, comme tous les coureurs devant moi. Je ne sais déjà plus où je suis, les musiques défilent dans mes oreilles sans que je ne les entende vraiment.

Première montée terminée, nous avons déjà une belle vue sur les champs environnants et la vallée. Une partie de course en faible descente sur un chemin type chemin forestier je me laisse filer, avec pour seule contrainte ma respiration: la maîtriser et la surveiller, à la moindre pique dans les poumons il faudra ralentir mes jambes pour éviter le point de côté. C’est génial, je cours avec d’autres personnes, des personnes nous encouragent sur le bord de la route, je me sens libre, plus rien ne peut m’arrêter!

Même cette fameuse deuxième montée: 300 mètres de dénivelés positifs pour environ 2km… Elle ne m’arrête pas mais elle me ralentit! J’apprécie de plus en plus ce type de course. On alterne marche rapide et course, rando et footing. Pour la montée c’est totalement rando, mais rando rapide! Les mains sur les cuisses et on avance. On monte, on trébuche, on se sent super faible du coup on mange un gel énergétique, on boit (parce que ces gels ont vraiment la consistance de gel) et on continue. Le gel me fait beaucoup de bien, je n’ai plus de frissons, ni la tête qui tourne, ni les jambes qui tremblent (promis la prochaine fois je le prends plus tôt) mais il n’améliorent pas mes qualités de randonneuses trébucheuses…

Ca y est, nous sommes en haut. Enfin pas tout à fait puisque que nous continuons à monter en alternant marche et course mais cette fois il y a plus de course que de marche. Le bonheur! Je ne pensais pas que la course à pieds allait autant me manquer et … me reposer! Et oui quand on court, on ne fait pas travailler les mêmes muscles que quand on marche en côte et pendant la montée j’attendais avec impatience le moment où se serait un minimum plus plat pour pouvoir courir et détendre mes muscles.

Une chute plus tard, nous sortons des étroits chemins de forêt pour courir à nouveau sur un chemin accessible aux voitures. Une longue ligne droite et au bout de cette ligne droite: le ravitaillement! Ce n’est pas tant le contenu du ravitaillement qui me réjouit (je ne m’y arrête même pas) que les indications que me donne ce point. Je sais que le ravitaillement est situé au 12°kilomètres, il me reste donc 7,5km de course et surtout plus de montée! Mes jambes s’en sont bien remises mais je sais que s’il y en avait une autre elle serait difficile dès le début.

Chemin large en forêt, deux stands photo l’un à la suite de l’autre, je ne souris pas mais la prochaine fois j’essaierais d’avoir une tête assez normale. Contrairement à ce que disent les photos je suis bien, très bien, enchantée, envoûtée. Je suis là, au milieu de la photo et je cours. Le chemin se corse un peu, il est à nouveau très étroit, moins praticable, des racines qui sortent de la terre, des branches au milieu du passage, des virages serrés entre les arbres, un passage étroit à côté d’un précipice… Trois pas en courant, deux en marchant et un bref arrêt pour admirer la vue. C’est marrant, j’ai l’impression de retomber en enfance. En mode “débrouille”, on fait comme on peut, l’objectif c’est d’aller le plus vite possible!

J’en suis là, perchée, dans ma bulle, sereine, lorsqu’un panneau nous indique: Arrivée dans 4km. Déjà??? Je regarde ma montre, voilà déjà 2h que je cours. 2h, ça veut dire qu’il me reste 35min pour arriver si je veux gagner mon resto! 35min pour 4km de descente, ça me semble tout à fait faisable. C’était sans compter sur le fait que la descente se fait en mode Tarzan, à moitié suspendue aux cordes de sécurité, à moitié sur mes pieds… Une fois de plus, j’ai rigolé intérieurement. Descente Tarzan, passage dans la grotte, redescente Tarzan et là, d’un coup la civilisation! Une route et un peu plus loin Millau.

Je n’écoute même plus mes jambes, je ne sais pas si elles ont mal, où elles ont mal, j’ai juste très mal au ventre. La descente plus douce n’arrange rien puisque cette fois je cours vite. Mais peut importe j’y suis presque, alors je continue, je cours, je donne tout ce que j’ai. Retour sur la grande route, je vois le pont, je vois qu’il faut passer dessus, ce qui veut dire monter, encore un peu. En haut c’est la délivrance, l’arrivée est toute proche! Mais qu’est ce que je vois??? Tous ces coureurs sous le pont!!! Il faut une dernière fois descendre pour remonter… J’espère que c’est la dernière fois, mes jambes me crient d’arrêter d’avancer.

Plus rien, plus de jus. Je descends, je passe sous le tunnel, je remonte (sans problème, la montée est vraiment toute petite), à la sortie du tunnel, le panneau: arrivée à 50 ou 100 mètres, je ne me rappelle plus. Ce que je me rappelle c’est ce sentiment étrange d’accomplissement et d’abandon. Je ne suis plus avec la course et je ne sais pas où sont Michel, Simon et les marathoniens. Je tremble de partout, mes jambes vont bientôt me lâcher, je devrais être pleine de joie mais je me sens perdue, seule.

Ce vide ne dure pas bien longtemps, une bénévole m’aide à enlever mon dossard, il me donne mon tee-shirt de finisher, je fais quelques pas, les yeux grands ouverts la vue pas très claire et là j’entends “Flo”. C’est Michel, juste devant moi! Simon et François sont arrivés, ils sont juste à côté.

La joie peut enfin sortir, plus de crainte, juste du partage, des larmes, des jambes qui tremblent, des mains froides. Quel bonheur! Bonheur si intense et pourtant si simple.

Dans la voiture, sur le chemin du retour, nous sommes tous cassés, nous avons tous bu 3 litres d’eau depuis l’arrivée, nous sommes tous couverts comme s’il faisait -10 mais nous sommes tous heureux! De notre super team, tout le monde a fini sa course, et ça c’est le plus important. Et pour la petite histoire, je n’ai pas gagné mon resto, j’ai terminé en 2h43min mais c’est pas grave j’aime bien cuisiner!

Les nouveaux trailers sont désormais des convertis, prochain gros objectifs: Marathon du Mont Blanc pour les marathoniens, Cross du Mont Blanc pour les autres!

P.S.: j’ai passé mon 23 octobre 2009 à pleurer, dans un avion, avec la peur de faire la plus grosse erreur de ma vie, vers une aventure que j’allais vivre seule; j’ai passé mon 23 octobre 2010 dans une contrée beaucoup moins exotique (Millau, c’est pas le Pérou), heureuse, dans une aventure que nous vivons à deux.

We did it!

•29 octobre 2010 • Laisser un commentaire

Le 29 octobre 2010

Et oui on l’a fait!!!

Chacun la sienne, chacun son corps et donc chacun ses difficultés mais tout le monde est arrivé à bout de sa course et comme c’était l’objectif, c’est parfait!

Vous vous doutez que je ne vais pas m’arrêter là. Ben oui quand même c’était pas rien ce trail, je peux pas me contenter d’une ligne! Tout a commencé jeudi soir devant l’ordinateur: partira? partira pas??? Partira pas… Notre train a été annulé en raison des grèves, nous nous sommes donc rabattus sur un autre train mais bien sûr sans place assise réservée. Nous sommes trois à prendre le train vendredi matin de Paris: Simon, François et moi. Dans l’idéal il y a trois places de libre dans le wagon dans lequel on entre. Dans la réalité il y a deux places libres l’une à côté de l’autre. Conclusion: la réalité n’est pas l’idéal mais elle n’en est pas si loin.

Je vous passe les détails du trajet, les retards, les parties de voyages debout, les perturbateurs dans l’inter-wagon… Vendredi, nous allons jusqu’à Albi, qui contrairement à mon idée initiale n’est pas juste à côté de Millau mais qui n’en est pas très loin non plus (2h de route) étant donnée la situation géographique de Millau. Vendredi soir, on dort chez Tonton Patte Gauche et Pirou. Tonton Patte Gauche, c’est mon oncle, il est gaucher. Pirou, c’est ma tante, une vraie tatie… qui veut nous faire de bonnes choses à manger. Sauf que la veille d’un trail c’est pasta! On a quand même eu droit aux à côtés et à la délicieuse sauce au saumon. Petite pause, je vous prie. J’ai oublié de souligner le fait que moi aussi j’ai mangé des pâtes vendredi soir et beaucoup en plus (beaucoup pour moi, certains diront que c’était une mise en bouche de pâtes).

Les pâtes dans l’estomac, le “gâteau sport” cuit, tout le monde au lit.

Petite explication pour le gâteau sport. Le business autour du sport est plus que florissant: du textile à l’accessoire électronique en passant par l’alimentation: boissons énergétiques, boissons de récupérations, gels énergétiques et gâteaux sport! Les gâteaux sports sont des gâteaux caloriques (comme n’importe quel gâteau, on est d’accord) avec quelques vitamines et minéraux. Je trouvais déjà pas très pertinent le concept de gâteau sport, mais maintenant que j’ai trouvé des recettes de gâteau sport la prochaine fois ce sera gâteau maison!

Samedi matin, sensation d’excitation et de stress au rendez-vous! J’aime cette sensation, je la redécouvre après plusieurs années sans compétition sportive. Sensation unique. Difficile d’expliciter l’unicité par des mots, mais au fond de moi, samedi matin j’ai senti que c’était celle là et pas une autre.

Petit déjeuner normal pour beaucoup, gâteau sport pour un (devinez qui?). Alexandre (le copain du copain du collègue de François) arrive à Albi, hop là tout le monde dans la voiture, Michel (Tonton Patte Gauche) au volant et direction Millau. Sur la route, on échange conseils et expériences (enfin on écoute l’expérience d’Alexandre, nous pour l’instant on n’a que des interrogations) mais plus les kilomètres défilent, plus les langues se taisent et les yeux s’ouvrent. Ils s’ouvrent grand même. Directement reliés aux cerveaux qui tentent d’évaluer le dénivelé de chaque colline…

Après un petit contre-temps pour l’équipe au départ de Clermont Ferrand (crevaison à 7km de Millau), nous nous retrouvons tous autour du village installé pour l’occasion. Retrait des dossards, rapide tour au milieu des stands, on sent la tension qui monte pour l’équipe une! Guillaume, Gautier, Nicolas et François partent à 13h15, l’heure du départ approche. Il faut retourner à la voiture pour manger (toujours gâteau sport), se changer, coller et épingler son dossard. Quand tout le monde est prêt direction le village, photos souvenirs (au départ c’est mieux qu’à l’arrivée), et attente plus ou moins stressante!

La voilà, la joyeuse équipe!

De gauche à droite on a : Gautier – Nicolas – Alexandre – François – Simon – Florence

13h, les 4 futurs marathoniens se placent devant la ligne de départ, Michel, Simon et moi allons un peu plus loin, bien placés pour les voir: en bas du pont, au début du virage. Les premiers coureurs passent, nos 6 yeux se mettent à la recherche de deux tee-shirts noir, d’un tee-shirt blanc et d’un tee-shirt rouge. Moi je cherche surtout le tee-shirt rouge, cheveux roux. Ben il est pas assez roux… Et la prochaine fois tout le monde en orange ou en rose! Simon les a vus passer au dernier moment, je vous laisse évaluer l’ampleur de sa prouesse:

Merci Michel, merci l’arrêt sur image des photos!

13h35, les coureurs sont passés, Simon et moi ne partons qu’à 16h ce qui nous laisse un peu de temps. J’ai mangé la dernière part de gâteau sport (moi aussi j’ai fait un repas de midi gâteau sport) il a 3h30 pour descendre et bien s’accrocher pour ne pas bouger quand je cours!

Je m’arrête là pour aujourd’hui,  impressions de course et photos (pas toujours très flatteuses) une prochaine fois!

 
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